10/10/2017

The Exorcist


Je l’avoue, j’ai un petit faible pour les films d’horreur démoniaque des années 60/70. Rosemary’s Baby, The Omen, The Exorcist… Je ne me souviens plus des circonstances qui ont entouré mon visionnage initial de L’Exorciste mais je repense souvent au film dès que je croise une montée d’escaliers dans une ruelle ou quand quelqu’un m’enjoint d’aller sucer des bites en enfer. C’est ancré en moi. Il existe tout un tas de films gores qui déploient des tas d’artifices pour essayer de me filer la trouille et qui ratent leur coup car ils sont le plus souvent grandguignolesques, mais foutez moi Tubular Bells en trame sonore d’un plan mal éclairé et j’ai illico des frissons qui me parcourent l’échine. C’est pavlovien.

Initialement, il était prévu de faire un refaisage du film de 1973, mais le projet s’est vautré et quelqu’un a eu la bonne idée d’en tirer une série télévisée faisant suite au film (car on s’entend que The Exorcist II et The Exorcist III n’ont jamais existé).

Et donc dans le Chicago d’aujourd’hui, un prêtre mexicain bon comme le bon pain (père Tomas) travaille d’arrache-pied pour servir sa communauté. Sa paroisse est pauvre, mais il est plein de bonnes intentions. Certes, il est encore amoureux de son ex, toutefois ses supérieurs voient en lui une étoile montante du diocèse. Et sa grand-mère a toujours vu en lui le futur premier pape mexicain. Tiens, d’ailleurs, juste comme ça, le pape est sur le point de visiter Chicago. Tout irait bien dans cette église décatie, si ce n’est qu’une riche paroissienne de Tomas est inquiète : elle a le sentiment qu’une de ces deux filles n’est pas juste dépressive (elle a survécu à un accident de la route il y a quelques mois mais a perdu une camarade à cette occasion) mais qu’il se trame autre chose dans cette maison. La mère de famille est propriétaire d’un riche hôtel en ville, son mari souffre d’un traumatisme crânien… Père Tomas se fait donc un devoir d’aller chez eux pour les réconforter. Sauf que, bien vite, le prêtre comprend que ce qui se trame dans cette famille dépasse ses compétences de simple distributeur d’hosties. Heureusement pour lui (et pour le scénariste), des visions vont le mettre très vite en contact avec Père Marcus, un exorciste irlandais bien rugueux comme il faut. À partir de là, ils vont faire une belle tripotée de jets de Volonté.

On est là dans un cadre extrêmement classiciste : des prêtres ayant leur propre démon intérieur, la lutte du Bien contre le Mal, la corruption de la chair, les secrets de famille, la tentation de céder à la facilité… Aucun de ces ingrédients ne vous surprendra. Pire, tout cela est éminemment prévisible. Surtout pour des rôlistes, le plan démoniaque est d’une telle évidence. Mais ce que la série manque en innovation, elle l’offre en efficacité. Les scènes d’exorcisme sont l’incarnation du déjà-vu, mais elles fonctionnent. Les twists sont parfois téléphonés, mais ils ne trahissent jamais le propos et l’ambiance. Les liens avec le film sont bien présents, même s’ils impliquent leur lot d’invraisemblances scénaristiques. Et les 10 épisodes de la première saison offrent juste ce qu’il faut de suspens sans étirer inutilement la sauce.

Le résultat n’est objectivement pas extraordinaire. Mais à l’instar de Stranger Things qui joue pile-poil avec la nostalgie geek, The Exorcist titille adroitement une de mes cordes sensibles. On n’y voit pas Arnold Schwarzenegger dessouder le diable à l’arme lourde dans les dernières heures de 1999. On est plus dans l’ambiance de L’Associé du Diable avec Al Pacino, Charlize Theron et Keanu Reeves. J’ai frissonné d’effroi pour l’âme de cette jeune fille. J’avais beau deviner les véritables intentions du démon, je me suis investi émotionnellement dans cette histoire. Alors, certes, The Exorcist n’a pas la même charge transgressive qu’en 1973. On ne manifeste pas devant les cinémas qui le diffuse. Ça ne crée pas d’hystérie collective. Mais ça reste un récit puissant. Sans doute que des spectateurs plus jeunes trouveront le résultat trop « à l’ancienne », mais c’est la beauté de la production télévisuelle actuelle : il y en a pour tous les goûts.


Évidemment, c’est du pain béni pour du Urban Shadows, Monster of the Week, Supernatural… Et une œuvre de référence tout ange de Joseph qui se respecte. La saison se termine de manière satisfaisante et laisse présager une suite qui est actuellement en cours de diffusion.

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